"Par un paradoxe étrange , la contemplation de mes émotions m'avait mise à l'abri des souffrances que j'appellerai tangibles, parce qu'elles ont une origine définie, j'étais une machine à ressentir, pleurant quand je voulais pleurer, riant quand je voulais rire. Mais la douleur occasionnée par la perte de cet homme n'était pas contrôlable; par exemple ce qui me fait le plus mal quand je pense à lui,c'est de ne pas savoir où regarder, et de regarder le ciel.
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident. On prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ca fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point là, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites d'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du c½ur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu'on appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux." Lolita Pille